Un avenir quantique.

L’intelligence artificielle séduit et effraie ; à défaut d’en bien saisir la nature, nous pressentons son irréversibilité ; nos doutes oscillent entre un flux et reflux des analyses contradictoires, dont elle fait l’objet.

La connaissance quantique laisse entrevoir des perspectives insoupçonnées ; elle révolutionne déjà et va poursuivre un essor augurant un réel bouleversement de la vie humaine ; elle va sans doute permettre de mieux comprendre l’univers, la nature, ou déchiffrer les secrets de la vie. La théorie quantique va éclairer le fonctionnement des atomes, des molécules ou de l’ADN.

Entre un ordinateur codé par des séries 1/0 et le nombre illimité d’états simultanés qu’offre semble-t-il un ordinateur quantique, la différence est incommensurable. Les ordinateurs quantiques vont accélérer la guérison des maladies, en prédire l’émergence ou anticiper le développement. En biologie, ils susciteront la création de nouveaux médicaments ou sauront par une simple analyse de sang, identifier des cancers avant l’apparition des tumeurs. Dans le même temps, INTERNET va se ringardiser dans sa version numérique ; sans câbles ni appareils, le cerveau sera sans doute directement connecté.

En revanche, les robots deviendront-ils plombiers ou jardiniers ? Sauront-ils réparer ou entretenir enseigner, conseiller, ou diriger qui sont des activités assises sur une compréhension de la nature humaine et sa psychologie ?

Cette évolution, dont l’histoire nous dira si elle est un progrès, peut aussi faire naître de nouveaux dangers. Que se passera-t-il lorsque l’intelligence artificielle dépassera de celle de l’homme ? Le robot du futur est difficile à projeter ; pourrait-il devenir un sniper sans conscience, à l’instar des drones, déjà aptes à identifier des visages humains et être programmés pour tuer à distance et sans discernement ?

Si l’ère quantique annonce de nombreux défis à relever, dont le vieillissement, la maladie, le réchauffement climatique ou la faim dans le monde, elle n’empêchera pas, voire favorisera la guerre entre les peuples, qui demeure aujourd’hui l’état majoritaire du monde.

Mais surtout sera-t-elle mise au service de la liberté, cette valeur cardinale si dramatiquement partout mise à mal, même en occident, au prétexte d’une pseudo-sécurité, qui n’est le masque d’un contrôle accru, insidieux et sournois, dont les caméras de « surveillance » annoncent déjà le programme. Sans doute par subtilité sémantique, les nommera-t-on bientôt « caméras de protection » Mais le mot n’est pas la chose.

Pour rester optimiste, puisons chez Diderot qui ajoute « mais un éclair à la lueur duquel on l’aperçoit »

Jacques Varoclier

Avocat à la Cour